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Éthique & Liberté - Le journal des Droits de l'Homme de l'Église de Scientologie
L'exception Française  

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Dans la ligne de mire

Alain Vivien
La politique d’intolérance menée par Alain Vivien envers les minorités religieuses et le rapport de la MILS déclenchent un feu nourri de protestations en France et à l’étranger.

Les spécialistes des Droits de l’Homme et des religions, et les représentants des minorités religieuses ont décidé d’unir leurs efforts contre la menace anti-démocratique que représente l’extrémisme anti-religieux. À l’extrême gauche : Irving Sarnoff et le révérend N. J. L’Heureux, co-organisateurs de la conférence. A gauche : Joël Labruyère, président de l’Omnium des Libertés et co-organisateur de la conférence.

C
’EST LA FRANCE même qui fait l’objet de sévères critiques en raison des prises de position extrémistes d’Alain Vivien, auteur d’un lamentable rapport sur les religions minoritaires, rendu public le 7 février dernier.

Les experts et les spécialistes des droits de l’homme considèrent ce pamphlet anti-religieux comme une sérieuse menace pour la démocratie. Le rapport sur les sectes de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes(MILS) d’Alain Vivien a même provoqué l’indignation de membres de la MILS, censés avoir participé à sa rédaction, qui ont dénoncé une parodie, un rapport « répressif, inadapté, et totalement creux ».

Au-delà du style ampoulé et indigeste de ce rapport, un examen attentif y décèle d’inquiétants traits systématiques. Vivien exige à grands cris de l’État la destruction des droits de certaines minorités religieuses, tout en employant des termes peu flatteurs à l’égard de pays démocratiques qui marqueraient leur désaccord face à de telles mesures. Il ne recule pas devant des phrases aussi provocatrices que :

« Une association liée à une "secte" a sollicité sa reconnaissance en tant qu’Église officielle auprès d’un État connu pour son laxisme en matière associative. ». On ne sait ni de quelle association il s’agit, ni de quelle secte, ni de quel État, mais par contre on apprend que cet État est « laxiste en matière associative. »

Nul n’ignore que Vivien, habile jongleur de mots, est passé maître dans l’art de la propagande, en l’absence de toute donnée concrète et vérifiable, de tout chiffre, de toute statistique, de tout élément solide ou tangible dans le texte, qui en revanche surabonde en allusions agressives, en accusations implicites.

Les observateurs s’accordent à reconnaître que l’action de Vivien et de la MILS s’inscrit dans la pure tradition de l’anticléricalisme, au mépris du principe fondamental de la séparation de l’Église et de l’État.

Une autorité auto-décrétée

D’où la MILS tient-elle son autorité d’inquisiteur anti-religieux ? Et tout d’abord, de qui se compose la MILS ? De « six permanents de niveau supérieur, agents contractuels ou fonctionnaires mis à disposition par l’administration ou l’organisme dont ils relèvent statutairement, un fonctionnaire spécialisé étant plus particulièrement chargé de la documentation. » Il n’existe pas à la MILS une seule personne dont la formation comporte l’étude du phénomène complexe des nouveaux mouvements religieux. Pourtant, les personnalités françaises ou étrangères ne manquent pas dans ce domaine : sociologues, historiens des religions, politologues, juristes... on a l’embarras du choix. Or, non seulement aucune de ces personnalités n’a été sollicitée par la MILS, ni dans sa constitution ni dans son activité, mais elles ont été soigneusement tenues à l’écart de tout dialogue avec la MILS. Il est vrai que si A. Vivien a décidé d’avance que les nouvelles religions sont de fausses religions, on ne voit pas bien quelle utilité pourrait avoir à ses yeux un historien des religions. Par contre, on retrouve parmi les 19 membres du conseil d’orientation de la MILS le député Guyard, rapporteur du rapport parlementaire de 1996 qui listait 172 groupes religieux minoritaires, et depuis renvoyé en correctionnelle pour trafic d’influence.

On y retrouve aussi le sénateur Nicolas About. La MILS avait été instituée par un décret du 7 octobre 1998 où selon les termes du rapport : « la secte n’est pas définie de façon précise, mais il est indiqué que les sectes peuvent menacer l’ordre public et porter atteinte à la dignité de la personne humaine. » Or, ces termes sont précisément ceux qui sont repris dans la proposition de loi About (voir article Le projet de loi About : Comment transformer une loi anti-fasciste en loi fasciste ?, en page 5). MM. Vivien et About se renvoient manifestement la balle, puisque la proposition de loi est citée dans le rapport : « Elles (certains groupes) pourraient être dissoutes et interdites de reconstitution comme le préconisent des législateurs en nombre croissant (parmi les initiatives les plus récentes : la proposition de loi déposée sur le bureau du Sénat par M. Nicolas About, et adoptée en première lecture à l’unanimité, le 16 décembre 1999). »

On remarque le des législateurs en nombre croissant, affirmation vague et parfaitement infondée comme en regorge le rapport. La proposition de loi About, consistant en une extension de la loi du 10 janvier 1936 sur les milices et les groupes de combat votée sous le gouvernement Laval dans des circonstances d’agitation politique extrémiste, a été adoptée par 20 sénateurs sur 321, à la veille de l’an 2000.

Des germes d’intolérance

Comment Vivien et ses partisans ont-ils pu en arriver à de pareilles extrémités dans leur lutte anti-religieuse ? En créant patiemment le contexte adéquat ; en s’appuyant sur la plate-forme et la légitimité de la MILS pour influencer chaque ministère et chaque service de l’État, à commencer par le ministère de la justice et le ministère de l’Intérieur : « La mission, dès sa création, a participé activement à l’information des magistrats. »

Un rapport qui, en l’absence de toute donnée concrète et vérifiable, de tout élément solide ou tangible, surabonde en accusations implicites.

L’histoire passée illustre amplement le mécanisme de l’intolérance institutionnalisée. La MILS risque d’être le germe de l’intolérance, de l’exclusion et de la haine sur les territoires français de métropole et d’outre-mer, en collaborant avec les ministères de la justice, de l’intérieur, de l’emploi et la solidarité, de la jeunesse et des sports, de l’éducation nationale.

De plus, la MILS prépare l’avenir à long terme en instillant les préjugés à la racine dans la nouvelle génération : « Dans le cadre de sa collaboration avec l’éducation nationale, la mission est par ailleurs disposée à contribuer par les renseignements qu’elle peut fournir, à la rédaction des manuels d’éducation civique. » Ici, le rapport a le front de citer un ouvrage publié par Hachette qui comportait des passages si scandaleux, dans un chapitre sur l’éducation civique, que l’éditeur a dû les supprimer lors de la nouvelle édition.

Les dégâts causés par l’action de la MILS en France ont suscité la préoccupation des principales organisations internationales défendant les droits de l’homme. Cependant, la MILS a aussi influencé le Quai d’Orsay :

La mission « a établi des relations de collaboration étroite avec le ministère des affaires étrangères. Elle participe désormais aux réunions internationales dès lors que les droits de l’homme, la législation associative et les problèmes du sectarisme sont évoqués. »

Le résultat ? Précisément les réunions dans lesquelles intervenait la MILS ont été envenimées à tel point que la France s’est vue épingé pour non-respect des principes fondamentaux de la liberté de pensée et de conscience, notamment par l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) à Vienne en mars 1999, et par la CSCE (Commission pour la Sécurité et la Coopération en Europe) à Helsinki en juin 1999. Loin de s’interroger sur le bien-fondé de son action, Vivien n’hésite pas à vilipender toutes ces organisations pour leurs critiques et préconise de rattraper : « Le retard pris, dans le domaine international comme dans le cadre européen, en matière de prévention contre le sectarisme », car « l’indifférence ou la frilosité, un comportement parfois révérenciel ne peuvent engager que dans de coûteuses impasses et donner l’impression fausse que la France renoncerait à des principes qui ont fait sa force et témoignent de la part la moins contestable de sa contribution aux avancées de la conscience universelle. »

Le « dialogue » selon la MILS

Le rapport multiplie les remarques hostiles et critiquables à l’encontre des États-Unis, arguant que : « De très nombreuses sollicitations parviennent à la mission de la part des autorités d’un nombre croissant de nations inquiètes de la montée du sectarisme et de la sanctuarisation des sectes dans certains pays, dont les États-Unis. »

Là encore, on peut se demander quelles sont les très nombreuses sollicitations, les autorités, le nombre croissant de nations. En ce qui concerne les États-Unis, le rapport conclut : « Il ne semble pas opportun, dans l’immédiat, d’entretenir un dialogue… » que Vivien, dont l’action a été fortement remise en cause par des représentants américains des droits de l’homme, qualifie, ironie suprême, d’« inquisition du fait de la partie américaine ».

Avec quels pays étrangers (ces fameuses nations inquiètes, sans doute) la MILS entretient-elle alors le dialogue ? Le rapport est particulièrement édifiant à cet égard. De tous les membres du Conseil de l’Europe, c’est le point de vue du rapporteur roumain Adrian Nastase, notoirement hostile aux nouveaux mouvements religieux, qui a droit à la meilleure couverture dans le rapport. D’ailleurs, « La MILS s’est rendue en mars 1999 à Bucarest, et en septembre suivant à Varsovie, à l’invitation des autorités locales intéressées par l’expertise française. »

Ainsi, la MILS entretient des relations privilégiées avec des pays minés par des décennies de régimes totalitaires et par l’ubiquité de la corruption économique et politique qui y règne, cependant qu’elle ne mentionne même pas les autres pays de la communauté européenne, pourtant plus nombreux, occupant une position plus honorable sur l’échelle de la démocratie et de la transparence.

Le rapport s’efforce de donner l’impression erronée que la réprobation à l’encontre des mouvements religieux minoritaires gagne du terrain en Europe, alors que c’est tout le contraire qui se produit. Dans des pays comme la Hollande, le Danemark, la Suède, l’Angleterre, l’Italie, des initiatives en faveur du dialogue interreligieux, de l’ouverture et de la tolérance se développent.

Les racines de l’extrémisme

En récapitulant, la stratégie de la MILS apparaît clairement à la lecture de son rapport. Il s’agissait d’abord de créer de toutes pièces un problème et de l’envenimer en injectant des graines de discorde, de façon à rendre inévitable la création de la MILS.

Une fois officiellement créé, le problème pouvait être amplifié par la caisse de résonance des media. La MILS s’est efforcée d’impliquer le maximum d’institutions et s’est arrogée le droit de parler en leur nom, en se prévalant de l’ampleur et de la gravité d’un problème fabriqué, dans un vacarme médiatique destiné à faire oublier les critiques.

La MILS a terni l’image de la France à l’étranger auprès des démocraties avancées soucieuses du respect des droits de l’homme.

En conclusion, l’action d’Alain Vivien à la tête de la MILS, telle qu’elle transparaît à travers son rapport, a pour résultat, non seulement d’opprimer des centaines de milliers de citoyens français pour leurs pratiques religieuses en propageant des préjugés, mais d’entraîner les institutions dans cette dérive, ce qui se résume finalement en ceci : une réelle menace pour la démocratie française.

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