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Les RG : un service incontrôlé  

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Les RG : un service incontrôlé

Coups tordus, fuites organisées, échecs à garantir la sécurité publique : comment la machine à rumeurs prend pour cibles les simples citoyens.


D’un trait de plume, le Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a mis fin le 4 octobre dernier à une très ancienne tradition des RG : les « notes blanches » sont désormais interdites.

Tout un symbole pour la dernière police politique d’Europe de l’Ouest (voir article). Ces billets non signés pouvaient circuler au plus haut niveau, voire arriver sur le bureau du Ministre, sans passer par la voie hiérarchique, ouvrant ainsi la porte aux rumeurs les plus fantaisistes. L’anonymat était présenté comme une nécessité en vue de protéger des sources de renseignements. Les fonctionnaires des RG pouvaient ainsi faire circuler toute sortes d’informations impossibles à vérifier : les « blancs » sont justement faits pour ne pas être identifiables.

LES COUPS TORDUS

Chargés officiellement de la collecte de renseignements à caractère politique, économique, social, etc., les RG n’ont cessé de dériver par la faute de quelques agents douteux. Des Irlandais de Vincennes à la disparition du pasteur Doucé, en passant par les campagnes de rumeurs et de déstabilisation à l’encontre de personnalités ou de simples citoyens, de nombreux scandales ont défrayé la chronique (1) et terni la réputation de la France à l’étranger.

De tels coups tordus ne sont pas que l’affaire du passé, car les contrôles sur cette police qui semble parfois opérer de sa propre initiative ou à l’instigation de certains hommes politiques sont cruellement insuffisants. Un exemple de dérapage récent est celui de l’agent Arnaud Palisson, qui, sous le couvert d’une « thèse », a commis un ouvrage de propagande contre une religion minoritaire. Cet ouvrage a été envoyé aux médias en novembre 2002 au moment même où quelques politiciens tentaient désespérément de sauver la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), organe désastreux pour la diplomatie française (voir l’article « Un pays liberticide »). La tentative a échoué. La MILS a été officiellement remplacée.

La question toutefois demeure : pour qui les agents des RG travaillent-ils ? Sur son site Internet, un policier des RG fait de nombreuses révélations troublantes.

Ainsi, un fichier dénommé Mouvements Révolutionnaires, constitué après les événements de mai 68, aurait dû être détruit en 1974 selon les ordres du Ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski et des PV de destruction furent établis. Le 8 juin 2001, l’ancien sous-directeur de la division opérationnelle des RG en 1989, révéla qu’il n’en avait rien été.

Les RG, État dans l’État, passant outre aux ordres de leur ministre de tutelle, se considéreraient-ils comme au-dessus des lois ?

UNE POLICE AUX ORDRES DE QUI ?

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Pour faire oublier leurs faux pas en matière de sécurité nationale (...) les RG n’ont pas hésité à désigner à la vindicte publique de nouvelles catégories de citoyens, en enfourchant le médiatique sujet des « sectes ».
...........................
Le 6 février 1998, le préfet Claude Erignac est assassiné en pleine rue à Ajaccio par un commando d’ultra-nationalistes. La République est bafouée et les plus hautes autorités de l’État promettent que ce crime ne restera pas impuni.

Le 23 mai 1999, les assassins présumés de Claude Erignac sont enfin arrêtés. Un seul manque à l’appel, le tireur suspecté, Yvan Colonna. Quelques heures seulement avant sa fuite, celui-ci était pourtant interviewé au journal de 20h sur TF1 (22 mai).

Dans sa déposition devant la commission d’enquête sénatoriale le 6 octobre 1999, Roger Marion, chef de la Division Nationale antiterroriste, révèle que les RG étaient chargés de surveiller Yvan Colonna.

Il poursuit : « Yvan Colonna a été prévenu des surveillances dont il faisait l’objet. »

Pressé de révéler l’origine des fuites, R. Marion explique : « Cela ne peut pas venir d’un autre service que celui qui était chargé de la surveillance. »

Le président : « Donc les RG ? »

R. Marion : « Bien sûr. »

La rumeur lancée par les RG d’un Colonna réfugié au Venezuela se révéla fantaisiste ; l’assassin court toujours...

Les conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur les services de sécurité en Corse mettent explicitement les RG en cause : « L’action des renseignements généraux dans le dossier corse soulève également des interrogations de nature déontologique. [...]

Les renseignements collectés par ce service n’ont en effet pas vocation à lui permettre de défendre ses propres intérêts, voire ceux de sa hiérarchie. »

DES TECHNIQUES DE DIVERSION


La volonté de protéger leurs propres intérêts a été au cœur d’une autre pratique des RG. Pour faire oublier leurs faux pas en matière de sécurité nationale et justifier leur existence, les RG n’ont pas hésité à recourir à une technique bien connue : désigner à la vindicte publique de nouvelles catégories de citoyens mal connues, qui seraient à l’origine de nouveaux « dangers ».

Beaucoup de minorités, parmi lesquelles des religions, des groupes éducatifs ou des groupes prônant les médecines douces, ont été, avec leurs membres, la cible des RG. En novembre 2002, « Le Parisien » a raconté l’histoire d’une jeune fille morte d’une maladie survenue juste après une vaccination contre l’hépatite B. Son père, déterminé à savoir si le vaccin avait tué sa fille, porta plainte. Pendant que sa fille était alitée, au lieu d’une aide des autorités, il reçut la visite d’un inspecteur des RG qui voulait savoir s’il était membre d’une « secte antivaccinations ».

CBN révélait en février 2002 que des policiers des RG assistaient à des offices évangéliques, « prenant des notes ». Selon le pasteur Samuel Peterschmidt, dont l’Église a été prise pour cible par les RG, « il est devenu très difficile d’enseigner le gospel en France ».

Ce sont les notes des R.G qui ont permis d’alimenter le malencontreux rapport parlementaire publié en 1996, avec sa funeste « liste noire » de 172 groupes philosophiques et religieux, qui a terni durablement l’image de la France à l’étranger. Un ancien commissaire des R.G, Patrick Rougelet, décrit dans son livre, « RG, la Machine à Scandales » les conditions dans lesquelles a été élaboré le rapport ayant servi de base au travail des députés : « Les R.G., sur la question, n’avaient pas grand-chose. En catastrophe, il a fallu fabriquer un “rapport”. Un fonctionnaire s’est chargé de compiler les travaux faits par d’autres, notamment par les gendarmes... Le rapport de R.G sur les sectes a ensuite inondé toutes les rédactions, comme un document de référence. »

La façon d’opérer n’a pas changé. L’agent des RG Arnaud Palisson appliqua les mêmes méthodes pour produire son document de propagande. Il s’appuya quasi exclusivement sur des déclarations sélectionnées et partiales au détriment de toute objectivité, et omit de vérifier l’authenticité des sources citées. Tout se passe comme s’il avait voulu écrire une thèse sur l’Église catholique en s’appuyant exclusivement sur les écrits de l’Union Rationaliste.

La décision de Nicolas Sarkozy marque-t-elle un tournant dans l’histoire des RG et sera-t-elle le premier pas vers un fonctionnement plus conforme aux principes démocratiques ? Il est grand temps. En 1990 déjà, H. Emmanuelli, trésorier du parti socialiste, dénonçait les « bavures » des RG qu’il considérait comme « dépassés »(2).

F. Léotard, invité du club de la presse d’Europe 1 le 30/10/90, demandait leur suppression, affirmant : « Un pays moderne, démocratique, n’a pas besoin d’une police spécialisée, qui espionne le monde politique, qui écoute aux portes ».

(1) Patrick Rougelet, RG : la machine à scandales
(2) Radio J, 28/10/02 Flammarion


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